MOUVEMENT CHRETIEN DES CADRES ET DIRIGEANTS
 
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région Alsace - Franche-Comté
 
 

 

L'entreprise mondialisée vue et vécue par des cadres MCC du sud-Alsace et nord Franche Comté .

Vers un inventaire des possibilités et limites d'un engagement chrétien dans l'entreprise :
Passer de spectateur à acteur dans l'économie libérale.

C'est réunis par un même besoin d'échanger sur leur vécu professionnel au sein d'entreprises multinationales et par leur souci d'y vivre leur engagement chrétien que des ingénieurs ont travaillé pendant quatre ans au sein d'une Commission MCC qu'ils ont nommée F.A.R.D. (Fusion-Acquisitions-Restructuration-Délocalisations).
Ces travaux ont fait l'objet de présentations au Congrés national MCC de Lille en 2001,
lors de la rencontre régionale MCC de Labaroche en juin 2002 et par une participation au Réseau " Mondialisation, un facteur de Paix " initié par des mouvements chrétiens au niveau national.

Agir en chrétien dans une économie de profit ?

A partir de quelques caractères communs aux entreprises baignant dans le libéralisme et soumises aux lois du marché on va rappeler, comme autant de signes d'espérance quelques témoignages d'actions
: La rentabilité financière à cours terme conduit à une chaîne hiérarchique sans dialogue possible entre les " hommes du produit " , celui-ci étant la raison d'être de l'entreprise, et les financiers , culturellement et géographiquement éloignés.
C'est alors une chance et un devoir pour le cadre responsable de produit de souder son équipe et de valoriser le rôle de chacun avec le langage vrai et sécurisant dans un monde où seule l'expression financière a cours : L'homme est une richesse essentielle de l'entreprise qui implique une considération dans son travail et un investissement en formation.


Adapter les moyens de production à la demande immédiate constitue une des contraintes les plus déhumanisantes de l'entreprise libérale à seule finalité financière . C'est le recours à l'interim , aux contrats à durée déterminée et, dans une certaine mesure à l'externalisation , qui exclut l'homme des garanties acquises dans la maison mère . De façon générale toutes ces mesures créent une ségrégation et interdisent à l'homme qui les subit de se construire un projet de vie personnel.
Le cadre à qui cette politique est imposée a le choix entre démissionner (avec le risque personnel du chômage…) et une certaine lâcheté, ou lutter , en interne, contre un individualisme qui exclut les " gens de passage " .C'est une occasion de signes et de gestes de solidarité où la place du Prochain prend toute sa place pour le Chrétien.

La condensation de l'espace et du temps :
On peut penser que la mondialisation n'aurait pas été possible sans les N.T.I.C. (nouvelles technologies de l'information et de la communication).
La condensation dans le temps , par l 'immédiateté, raccourcit le temps de réflexion avant une décision avec toutes les conséquences à terme que cela peut entrainer.
La condensation dans l'espace a des aspects positifs si elle est bien utilisée :
Elle permet aux hommes de se connaître , par exemple dans le cadre d'un travail en commun, lors d'un transfert de connaissances. C'est d'ailleurs cet aspect positif qui a été retenu dans le titre du nouveau réseau " Mondialisation, dynamique pour la paix " . Espérons que ce titre ne cache pas une vaine utopie :. C'est l'affaire de tous et en particulier des Chrétiens de construire ce Monde.

 

 

 

 

 

 

 

Commission ''FARD''
C.R. final : Justice et liberté, le couple toujours à réconcilier.

Le sigle qui a constitué le nom : ''Fusion- Acquisition- Restructuration- Délocalisation'' souvent synonyme de réduction des produits, des coûts et des effectifs, avait pour but de désigner les symptômes des profondes mutations vécues par les participants au sein de leur entreprise.
Au terme de quatre années de rencontres périodiques, les discussions ont éclairé les facteurs majeurs d'évolutions (ou crises de passage) liés au changement d'échelle économique que l'on nomme : mondialisation,
Cette globalisation, accélérée par les nouvelles techniques numériques d'information et de communication et les réseaux, caractérise la fin de l'état keynésien, de l'entreprise fordiste, de la stabilité entrepreneuriale.
C'est dans ce contexte avec comme horizon unique, depuis 1989, le système de marché et son dogme la dérégulation, son unique espérance une croissance forte et ses mythes les nouveaux outils de management, qu'une vision dynamique de l'entreprise (modèle flux tendus) s'impose.
L'équilibre de nos rapports au travail ainsi que nos motivations et identités s'en trouvent rapidement et profondément modifiés.
Cette transformation des valeurs fondatrices de "l'être ensemble" (justice, respect, tolérance) devait nécessairement interpeller les membres d'un mouvement chrétien qui se donne pour mission un rôle d'éveilleur face aux processus d'exclusion et aux situations de pauvreté dans nos sociétés (Charte MCC).
Dans le contexte d'un monde complexifié par l'explosion des échanges et de la productivité, discerner dans les contradictions contemporaines conduit invariablement à nous interroger quant aux :
* limites qu'il est nécessaire de poser pour contenir les dérives et les compromis qu'elles impliquent.
* devoirs que nous avons de créer des espaces de gratuité hors des champs législatifs et contractuels.
* renoncements individuels et corporatistes auxquels il nous faudrait consentir
* repères proposables à une société libérale liée aux notions de propriété, de pluralité et de liberté d'action.
* attitudes de respect et de tolérance indispensables dans un espace de confrontation professionnel.
* à une éthique qui consisterait non pas à supprimer les différences mais à conjuguer les talents pour permettre à chacun de trouver sa place en mettant ses capacités au service de celles des autres.
Face à d'importants risques de déshumanisation il importe de baliser quelques chemins d'espérance qui permettraient à chacun de redevenir un acteur responsable. Ils sont fonction du niveau de pouvoir (institution, entreprise, service) et de nos capacités d'implication (suffrages, engagements, paroles) à savoir :


1- ce que nous pouvons influencer même faiblement de manière indirecte :
en soutenant des contrepouvoirs forts (syndicats, alter...) face à un néolibéralisme dominant et trop confiant en une autorégulation du type "main invisible ".


2- ce que nous pouvons infléchir par des engagements collectifs pour :
freiner la valorisation du modèle du gagnant et de la recherche de l'intérêt particulier, en réhabilitant la notion de bien commun et la dimension communautaire qui sont des valeurs de cohésion, qui seules permettent la cohabitation durable et pacifique.


3- ce que nous pouvons modifier par notre position de responsable :
en valorisant et en développant le capital humain dans nos services et en encourageant, protégeant et assistant nos collaborateurs par la création d'une coopération responsable.


Pour progresser avec réalisme vers un nouveau point d'équilibre le "producteur consommateur", que nous sommes, ne pourra éviter le passage par une maîtrise personnelle de ses besoins et de ses désirs.
Mais la voie est étroite car pour ne plus idéaliser notre besoin de bien être et s'engager dans la recherche d'un bonheur partagé il faudra comme le dit Hugues Puel : " que nos convictions s'enracinent dans la foi en l'homme, un homme précaire et fragile, mais animé d'une force intérieure et, pour les chrétiens, puisée dans le Christ et sa bonne nouvelle de libération ". (Des cadres dans la mondialisation)
C'est pourquoi, au terme de ce parcours les membres de la commission FARD, ont la conviction qu'une grande vigilance est nécessaire afin que ces nouveaux décideurs ne restent pas focalisés sur les indicateurs quantitatifs mais deviennent créateurs de prospérité pour le plus grand nombre.
Comment ? en conjuguant performance et solidarité, croissance des bénéfices et croissance humaine et en rappelant inlassablement : "que l'homme n'est pas fait pour l'économie mais l'économie pour l'homme" (J.P.II).

 

 

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