Partage et Rencontre  
 
Voici des messages pour les Cahiers d'espérance de la part d'équipes Partage
et Rencontre,
 
 


Qui est Jésus ? Qui suis-je ?

Jésus est, pour moi, le Fils de Dieu, la Parole incarnée du Père, chargé de nous dire qui est Dieu, de nous montrer un Dieu-Père dont nous sommes les enfants aimés et créés par Lui pour nous attirer dans son Amour.

Grâce à la parole de Jésus-Christ, ma vie a un sens.
Je suis créée par un Dieu-Amour donc voulue, reconnue et aimée inconditionnellement.

Je me reconnais fille d'un Père et sœur de chaque être humain.

Ces certitudes doivent transparaître dans tous les secteurs de ma vie et la rendre autre ; à la fois engagée dans ma vie de femme et, en même temps, aimantée par cet ailleurs qui me transforme.

La prière est la nourriture, avec l'Eucharistie, qui nous aide à nous transformer et à tendre vers le désir d'imiter le Christ et de lui être de plus en plus proche.

MM
Novembre 1999

  Construire la fraternité

Dans le monde où nous vivons, plein de souffrances, de guerres, de cataclysmes naturels, construire la fraternité est indispensable afin que puissent régner plus de paix et de solidarité.

Pourquoi la fraternité est-elle si difficile à mettre en œuvre ? Il me semble que ce sont nos différences qui sont souvent un obstacle car nous sommes incapables de les accepter et de les reconnaître comme positives. Comme l'écrivait Antoine de Saint-Exupéry "Mes différences ne t'amoindrissent pas, elles t'augmentent".

Nous sommes tous différents les uns des autres et chacun de nous est unique pour Dieu. Et dans la mesure où nous nous référons à 'Evangile, nous savons et nous acceptons de croire que nous sommes tous frères. Comme nous voudrions pouvoir l'appliquer dans notre vie. Mais ce n'est pas facile alors il nous arrive de contourner ces différences qui nous effrayent et nous pèsent parce que, consciemment ou non, nous jugeons tout et tout le monde par rapport à nous. Alors, forcément, tout ce qui net pas moi (ce MOI si envahissant) nous le considérons comme inférieur ou sur ta mauvaise voie ou n'être pas digne d'intérêt ! De plus, la peur de l'autre, si hyper-médiatisée, est un levier important pour augmenter le jugement et le rejet.

Accepter les différences n'est pas chose facile et demande un sérieux et long travail sur soi. Pas simple d'apprendre l'humilité et de sincèrement se convaincre que l'autre, le différent est mon frère et qu'aimer Dieu c'est aussi aimer ce frère. Si l'amour de Dieu, toujours présent en nous, n'était pas agissant, nous n'y arriverions pas. Mais si nous nous tournons vers Lui et demandons son aide, nous savons et nous croyons que jamais Il ne nous fera défaut.

L'autre me dérange, me hérisse, me fait peur ? Alors je me protège en m'arrangeant pour ne pas le voir, en l'ignorant, en me persuadant même qu'il n'a pas besoin de moi.

Que faire pour changer mon regard ? Que faire pratiquement ? Est-ce que je vais accepter de dépasser mes peurs, d'aller vers lui le différent, d'essayer de le connaître et petit à petit le comprendre et l'accepter tel qu'il est ? Mes seuls recours sont l'aide des autres par leur exemple et bien sûr la prière.

*Et puis il arrive que doucement le Seigneur nous pousse là où nous ne voudrions pas aller, c'est ce qui m'est arrivé

Sollicitée pour faire partie d'une aumônerie qui se créait dans un centre de repos et de soins, j'ai accepté volontiers d'y participer. Ne connaissant pas ce centre, j'imaginais qu'il s'agissait d'une maison pour personnes âgées. Pendant les mois de formation, j'apprenais que non seulement les personnes âgées, majoritairement atteintes de la maladie d'Alzheimer y résidaient, mais qu'il y avait aussi des pavillons accueillant des handicapés graves et un pavillon où étaient reçues des personnes handicapées physiques et mentales.

A la fin du stage nous devions avoir un entretien individuel avec le médecin-chef de l'établissement et l'aumônier. Il s'agissait de repréciser nos motivations et de nommer le service pour lequel nous nous sentions le plus motivé et apte. J'avais choisi le service auprès des malades en fin de vie, ma formation d'infirmière et ma tendresse pour les personnes âgées me semblaient être une aide. Je signalais cependant au médecin que le seul le service que je ne saurais assumer était celui auprès des malades mentaux.

Le jour de l'affectation aux pavillons qui nous étaient attribués, j'apprends que c'est auprès des malades mentaux que j'étais envoyée !... Sur le coup j'ai eu un choc comment réagir ?

Et puis j'ai réalisé que je me trouvais à cette place sans avoir rien choisi appelée d'abord à faire partie de l'aumônerie, puis envoyée auprès de ces handicapés particuliers que je craignais, ne les ayant jamais côtoyés auparavant. Alors j'ai brusquement compris qu'un Autre m'y avait envoyée et j'ai accepté.

Je ne vous cache pas que les premières semaines ont été très difficiles et angoissantes. Chaque fois, avant d'aller au centre, je priais et demandais l'aide de l'Esprit Saint. Brusquement, un jour, je me suis sentie pleine de bonheur et de sérénité, comme chez moi, auprès de ces personnes devenues des proches.

Apprendre à connaître chacun de ces résidents avec son passé, difficile souvent, sa maladie, sa souffrance, sa soif d'affection et aussi toute la richesse de son cœur devenait un vrai cadeau.

Constater que nous pouvons leur donner un peu de bonheur, les faire sourire et les sentir, eux, aussi proche de nous est une grande récompense. Leur joie de nous voir venir vers eux se traduit par des bisous que nous leur rendons bien volontiers. Joie partagée !

Qui d'eux ou de nous reçoit le plus ?

La fraternité se vit sur tant de modes différents. Elle est souvent difficile et toujours exigeante mais, en échange, source de bonheur et surtout découverte sensible de la présence de Dieu en ces personnes abîmées et souvent délaissées.

Je tiens aussi à vous dire l'admiration que j'ai pour les personnes de ce service qui s'occupent de ces résidents. Ils et elles font tout ce qu'ils peuvent pour leur rendre la vie la plus agréable possible, jusqu'à confectionner de nouvelles décorations pour chaque saison, en y associant les résidents.

MM.
Octobre 2002


  CROIRE en Dieu, qu'est-ce que ça change ?

Un de mes petits fils (12 ans) m'a demandé un jour :
"Qu'est-ce que ça change, dans ta vie, de croire en Dieu ?"
Question simple et réponse beaucoup moins simple !
J'ai essayé d'être claire et de lui répondre en vérité.

Non seulement, je crois que Dieu existe mais je suis sûre que Dieu m'aime et c'est son amour qui change et influence ma vie. Je l'ai reçu à travers celui de mes parents et de tous ceux qui m'accompagnent dans la vie. Cette certitude d'être aimée me donne paix et confiance intérieure.
L'amour de Dieu, je reconnais qu'il est pour moi une force et une solidité extraordinaires mais je n'ai pas le droit de le garder pour moi. Comme je l'ai reçu, je dois le transmettre, le répandre et, à travers ma vie quotidienne, le faire découvrir à ceux qui ne l'ont pas encore rencontré ou reconnu.
Comment ? En étant actrice, active dans notre société avec les compétences et les moyens qui sont les miens. A travers mes actions, mes activités, mes engagements, je veux être le vecteur de l'amour de Dieu pour tous.
Tous ? Ce sont les gens qui m'entourent, qui ont besoin d'être écoutés, accueillis, reconnus : les chrétiens, ceux qui sont sur le seuil de l'Eglise, ceux qui sont en dehors, proches ou éloignés, ceux qui la rejettent....
Si je suis reliée à la source, je peux être le tuyau qui conduit l'eau.

J'ai reçu et développé des capacités d'écoute et d'empathie.
Je suis conseillère conjugale et familiale. Je suis aussi écoutante de personnes en deuil proche ou lointain, qu'ils demandent un accompagnement bref ou dans la durée.
Aux couples en difficulté et aux endeuillés, j'offre une écoute, une présence chaleureuse, un lieu où ils peuvent déposer leur souffrance sans être jugé, sans qu'elle soit refusée par la phrase trop fréquente "Pense à autre chose... tourne la page... Vous devriez faire ceci ou cela".
A travers cette écoute chacun peut vérifier qu'il a de la valeur, des qualités, de l'importance. Il peut retrouver l'espoir si d'autres ont traversé des épreuves analogues, pourquoi pas lui ? La vie peut continuer, difficilement au début et autrement mais continuer. Il découvre qu'il a encore sa place dans la société.

J'ai choisi d'agir dans des associations "neutres", sans orientation religieuse ni politique. Evidemment, cela m'oblige à respecter chacun dans ses convictions, ses choix, ses opinions, ses hésitations ou ses doutes. Cela m'interdit de prêcher la bonne parole.

Comment sauront-ils que je leur transmets l'amour de Dieu ? Je laisse cette tâche à l'Esprit Saint. Je pense que le message chrétien ne peut venir qu'après la relation humaine et l'écoute de la souffrance. Il ne sera reçu qu'après une interrogation de la personne elle-même. Evoquer trop rapidement l'espérance et la confiance risque de déclencher la révolte et le rejet ou d'étouffer l'évolution d'une souffrance par une sublimation précoce, trop rapide donc mal enracinée. Cet appel à une attitude de foi épargne aussi à l'accompagnant d'avoir à entendre et supporter l'expression de la détresse, lui évite de se sentir impuissant et désarmé pour la soulager.

Ces actions clairement définies ne sont que le complément plus visible et plus identifiable de l'amour de Dieu vécu et transmis par les petits gestes quotidiens, les attentions, les sourires.
Cette transmission est la raison et la grandeur de notre vie sur terre.
Croire en Dieu, ça ne change rien puisque beaucoup de gens qui n'y croient pas peuvent vivre, comme moi, la solidarité humaine et même beaucoup plus généreusement.

Mais ça change tout car ça donne un sens a mo vie.

P.S.
Août 2003

  Signes d'Espérance

Pour notre société
Nous sommes dans une société qui évolue... qui prend conscience de nouvelles solutions à la réalité de la crise de la société...
Le langage est plus positif...
L'Etre humain est une personne manquante mais pas une personne manquée. Donc je peux être heureux. Je peux puiser à l'intérieur de moi, pas à l'extérieur. C'est l'autonomie puisée à la vraie source...
Si de plus en plus la société peut être interpellée ainsi, elle peut devenir plus vraie, plus adulte...

Pour notre Eglise
Pouvoir témoigner d'un Dieu vivant !
Pouvoir dire toujours "le meilleur est devant nous"...
Quand on grandit en bienveillance, on ressemble à Dieu
L'Eglise qui s'engage de plus en plus du côté des pauvres, des souffrants.
La défense de la vie... même s'il y a confrontation... lorsque la science et l'art médical risquent d'égarer leur dimension éthique originelle...

Pour nous-mêmes
Nous sommes "condamnés" à grandir... à évoluer.
L'amour ne peut durer que s'il change, s'il est en croissance...
Il faut sans cesse réinventer l'avenir... le nôtre, celui du couple... celui de notre environnement... de nos engagements...
C'est un devoir plus qu'un droit...
Pour cela il faut travailler à sa croissance personnelle... Pour notre exemple personnel, nous nous sommes engagés avec un petit groupe à travailler une fois par mois à "comment trouver et créer une société conviviale et de communion autour de nous ?"

A&A. M.
mars 2004

  Arnaud est "différent"

Il est handicapé, physique et mental, à la suite 'un accident de voiture alors qu'il était un bébé.

Il a, à présent, 24 ans... a subi de nombreuses opérations... ne parle pas, le centre du langage ayant été atteint lors de l'accident.
Arnaud est un semeur de joie. Jamais une plainte... jamais une colère, mais que de rires... que de gestes d'affection !

Il ne parle pas... mais les amis de Partage et Rencontre qui l'accueillent (cer-tains depuis une vingtaine d'années) ont appris à détecter, à travers ses petits cris, ses fous-rires, ce qui le réjouit (musique, sorties en voiture, le promener dans sa chaise roulante, taper maladroitement dans un ballon, un bon petit goûter) joies toutes simples au fond. Pour les quelques amis de Partage et Rencontre qui, à tour de rôle, l'accueillent, c'est un véritable rayon de soleil. Inutile de vous dire que dans notre réunion d'équipe, il est souvent "présent" car toute l'équipe se réjouit des petits progrès qu'il fait.

Nous sommes reconnaissants à ses parents de nous le confier régulièrement. Merci Chantal, merci Patrick.

Maryline

  Signes d'espérance pour notre société
et pour notre Eglise.


- jeunes qui se mobilisent pour des actions de solidarité tout au long de ce carême
( course CCFD , bol de riz etc…)
- le 444, jeunes chrétiens de toute l'Alsace qui se sont rassemblés à Strasbourg pour une journée de rencontre , de partage , avec l'Eucharistie au sommet de la journée : l'Eglise vit encore et toujours et a de l'avenir, malgré nos découragements fréquents !
- instauration d'un débat de laïcité à Guebwiller, qui permet à tout un chacun, de dialoguer entre chrétiens et musulmans , de découvrir une autre religion en la respectant.
- Des jeunes de la paroisse de Guebwiller sont venus spontanément demander au curé s'il avait besoin de leurs services pour la célébration des rameaux qui a draîné un grand nombre de paroissiens.
- Bénévolat de jeunes qui se met en place au sein de la commune d'Hartmannswiller, et entr'aide entre petits et grands dans le cadre d'animations d'été. De bonnes relations entre adultes et jeunes se sont instaurées depuis cette initiative .
- une demande de baptême républicain à la commune a fini par aboutir à un baptême
religieux .

 
  Signes d'espérance pour nous-mêmes.

- Nos enfants devenus adultes à présent , (20 , 23, 25 ans) ont gardé des valeurs que nous avons essayées de leur transmettre à travers l'éducation que nous leur avons donnée, même si ce ne sont pas forcément des valeurs chrétiennes.
- Petites attentions de la part de certaines personnes , aussi discrètes soient-elles :
Signes d'amitié = signes d'espérance !
- une bonne entente entre voisins d'un même quartier où l'on se parle , où l'on
se soutient en cas de difficultés .

Brigitte et Denis, M.Odile et Marc, Anne-Marie et Nicolas, Astrid et Christian, Paul (avril 2004)

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